Jeudi 2 février 2012 4 02 /02 /Fév /2012 10:00

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vestiges-de-l-aube-khara

 

Et si toutes nos perceptions étaient faussées? Si ce que nous croyions impossible avait réellement lieu? Si les vampires existaient vraiment et qu'ils portaient en eux les mêmes souffrances, les mêmes fêlures que le commun des mortels? Si ce qu'ils espéraient, après tout, était juste un peu de chaleur humaine et d'amitié à partager?

Ainsi se rencontrent Werner, vampire ayant eu une existence séculaire, et Barry, flic dans un New York en proie à une violence que le 11 Septembre n'a fait qu'attiser. Alors que Barry, à la dérive depuis la chute des deux tours qui lui ont tout pris, planche sur une enquête qui paraît insoluble, il s'évade le soir en chatant sur internet avec le mystérieux Werner. Plus leurs points commun les lient, plus Barry se dévoile. Mais il ignore qui est réellement Werner et quand celui-ci décide de se mêler de l'enquête du policier, tout devient hors de contrôle.

Je ne vous le cache pas, c'est une belle histoire. Une ode à l'amitié et à la différence. Qu'est-ce qui fait de nous des héros ou des monstres? Et si, au final, c'était tout simplement nos actes? Werner est un personnage extrêment touchant et on le suit jusque dans ses dérapages. C'est un être complexe et attachant et on saluera ici le talent de David S. Khara pour donner vie à ce personnage qui, en fait, de vie n'en a plus réellement mais qui souhaite tant exister!

Un très beau livre! Par l'auteur du désormais célébrissime "Projet Bleiberg"

  
Par dskhara.com - Publié dans : Chroniques des Vestiges de l'Aube
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Mercredi 1 février 2012 3 01 /02 /Fév /2012 10:00

Le Trégor - 30 janvier 2012

Par dskhara.com - Publié dans : Le Projet Shiro
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Mardi 31 janvier 2012 2 31 /01 /Jan /2012 15:34

Pour visionner cette interview, cliquez sur le lien suivant

http://www.vosgestelevision.tv/emission.php?id=50&idVideo=6959#

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Dimanche 29 janvier 2012 7 29 /01 /Jan /2012 13:15

Ouest-France / Bretagne / Rennes / Archives du mercredi 25-01-2012

  Rue des livres 1

David S. Khara, parrain du Festival, Dominique Fredj, de la librairie Le Failler,

Marion Bourreau, André Bouaissier et Jean-Luc Goyer, organisateurs du Festival.

Photo Agnès Le Morvan

 

 

L'auteur rennais des romans à succès Le projet Bleiberg et Le projet Shiro accompagne la 5 e édition du salon littéraire qui aura lieu à Maurepas les 2, 3 et 4 mars.

 

Quand l'équipe organisatrice a contacté David S. Khara pour être parrain du festival, l'auteur du roman noir Le projet Bleiberg vendu à 85 000 exemplaires qui va sortir cette année au Québec, en Corée et en Italie, n'a pas hésité. Pour trois raisons : « D'abord, parce que c'est le 1 er salon où j'ai signé il y a deux ans, aussi parce que je défends la littérature populaire et que je connais le quartier de Maurepas pour avoir été surveillant au collège La Motte Brûlon (aujourd'hui Clotilde-Vautier). Enfin, car j'aime ce salon qui va vers les lecteurs et refuse l'élitisme littéraire souvent étouffant. »

 

C'est lui qui remettra le Prix des lecteurs de Rue des livres. Mais le jeune auteur compte bien aussi faire profiter le festival, de tous les contacts qu'il a tissés depuis deux ans. Déjà, il fait venir le scénariste et réalisateur Alain Berberian, auteur de la comédie loufoque La cité de la peur, et plus récemment des films Le boulet ou L'Enquête corse. Présent également Jean-Christophe Grangé, journaliste, écrivain de thrillers, auteur du livre Les rivières pourpres, connu jusqu'aux USA.

 

David S.Khara, ex-journaliste, ancien chef d'entreprise, auteur depuis seulement deux ans, se consacre aujourd'hui entièrement à l'écriture de thriller et au cinéma où il exerce la profession de script doctor, « je soigne les scriptes malades que m'envoient des producteurs, en français mais aussi en anglais. Un métier très courant aux États-Unis. »

Son livre Le projet Bleiberg, sera adapté au cinéma. C'est un des trois plus grands producteurs français qui s'est intéressé au projet. Le film sera tourné avec des comédiens américains, « je sais juste que je ferai une apparition pour jouer un cadavre ! Et je me bats pour que l'avant-première ait lieu à Rennes. »

 

Un G9 des auteurs de thrillers

Le 5 e festival Rue des livres est prévu les 2, 3 et 4 mars autour du thème « Mouvements dans la ville, villes en mouvement », avec 130 auteurs invités sur deux jours, des rencontres, des débats, des projections, des spectacles, mais le festival commence déjà à faire parler de lui dans la ville. Le 25 février, un marathon de lecture sera organisé avec le Réseau Lilas, et le 9 février, à l'espace Ouest-France, ce sera la réunion du G9, à l'initiative de David S.Khara, « pour mettre en avant un collectif d'auteurs rennais de thrillers, (Yves Tanguy, Hervé Commère, Franck Darcel, Fred Paulin, Léo Taokao, Claude Bathany, Valéry Lys, Erik Wietzel, David S.Khara). » Tous seront invités à écrire une nouvelle qui commencera par « Rennes, ici, Rennes... », les neuf nouvelles seront ensuite réunies dans un recueil édité par Critic, « avec l'idée de lancer ensuite d'autres auteurs de polars. » Le 7 février au Triangle à 18 h 30, un débat est organisé autour du thème « Pourquoi le roman noir se développe-t-il à Rennes ? »

 

 

Agnès LE MORVAN.

Par dskhara.com - Publié dans : Rue des Livres 2012
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Jeudi 26 janvier 2012 4 26 /01 /Jan /2012 08:00

Bonjour à tous

 

J'ai le grand plaisir de vous annoncer que Le Projet Shiro sera disponible au Québec en janvier 2012 aux

Editions Libre expression

qui ont, encore une fois, réalisé une très belle couverture

Le Projet Shiro (Québéc) - 1 Le Projet Shiro (Québéc) - 2

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Mercredi 25 janvier 2012 3 25 /01 /Jan /2012 08:00

...pour la Gazette du Nord-Pas de Calais
Gazette du Nord pas de Calais001
Gazette du Nord pas de Calais002

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Mardi 24 janvier 2012 2 24 /01 /Jan /2012 09:53

 

Suivez les excursions littéraires de Lelf sur son blog hautement recommandable http://www.imaginelf.com

 

Le Projet Shiro

Auteur : David S. Khara
Couverture : Ronan Toulhoat
Editeur : Critic (Thriller)
Parution : 11/2011
Pages : 295
Prix : 19€

 

A peine sorti de sa précédente aventure, l’agent Eytan Morg doit reprendre du service. L’affaire le touche directement puisqu’un de ses proches amis a été enlevé. Mais lorsqu’il s’agit de mettre hors d’état de nuire une menace de grande ampleur, Eytan n’est pas le dernier à se jeter corps et âme dans l’enquête. Seulement cette fois il lui faudra changer ses habitudes de solitaire et faire équipe avec un ennemi farouche. Ses investigations le mèneront d’abord en République Tchèque pour éclaircir les circonstances d’un événement particulièrement meurtrier.

La grande histoire dans la petite, pour un résultat complexe et captivant

Le Projet Shiro plonge le lecteur face à une menace sournoise : microscopique mais capable de tuer à grande échelle. Ce genre de danger donne un sentiment d’urgence et crée une tension permanente. Impossible de contrôler et de mettre à terre ce qui est invisible et difficile de s’en protéger. Tout en offrant cette thématique somme toute très actuelle, David S. Khara en profite, comme dans le premier volume, pour rappeler un passé pas si lointain avec ses horreurs et leurs conséquences à court et long terme. Il en résulte une lecture oppressante, parfois fascinante, où la curiosité se mêle au rejet des atrocités commises et à la volonté de connaître le fin mot de l’histoire. Le scénario est fouillé, jonglant entre diverses époques et protagonistes, apportant des rebondissements et des révélations surprenants.
L’auteur tient le lecteur en haleine grâce à son style efficace. La narration est très bien équilibrée et les pages défilent à une vitesse folle. Bien que l’enquête d’Eytan soit pressée par le temps, le récit sait également prendre son temps afin de poser les éléments importants, les décors ou encore les personnalités, donnant ainsi corps à l’univers. Une fois lancé dans la lecture, il devient difficile de décrocher tant tout s’enchaîne de façon fluide et avec suspense.

L’être humain au cœur de l’intrigue

A eux deux, les héros expriment une grande palette de comportements et d’émotions : maturité, impulsivité, colère, compassion… Extrêmement différents de par leur vécu et leurs motivations et alors que tout semble les opposer, ils restent malgré tout très proches l’un de l’autre et attachants chacun à leur manière, malgré leurs défauts. C’est là une des grandes forces de ce roman que de réussir à attirer sympathie, compassion et attachement du lecteur même pour des personnages a priori antipathiques et/ou dans “le mauvais camp”.
L’évolution des rapports entre les deux protagonistes est un point majeur de ce roman, au même titre que la menace mortelle qui pèse sur le monde. Le Projet Shiro permet de mieux connaître ces tueurs redoutables, d’appréhender toute leur complexité, de comprendre leur vision du monde ainsi que ce qui les a amenés à être tous deux ce qu’ils sont devenus.

Les personnes qu’ils sont amenés à croiser ne sont pas en reste. Du petit journaliste inconscient des enjeux d’une telle enquête en passant par l’ennemi qui embauche Eytan, tous ont été dotés d’une personnalité crédible, ce qui permet de s’attacher à eux, de les mépriser ou, du fait d’ambiguïtés développées, de ne savoir comment se positionner par rapport à eux.
L’humain est donc encore une fois au cœur du développement, les personnages tentant de comprendre leur rôle au milieu des folies qui les entourent. Les conséquences des expérimentations de Shiro et de Bleiberg, qui font froid dans le dos, montrent des ramifications imprévisibles et surprenantes, scientifiquement bien sûr mais également de façon personnelle pour les hommes et femmes qui se trouvent sur leur chemin, de la guerre et à aujourd’hui.

Une complexité appréciable, des questionnements profonds

En plus de servir un récit rythmé et haletant, Le Projet Shiro aborde des questionnements assez forts. L’auteur ne se contente pas de nous servir les gentils contre les méchants. En effet, tout en mettant l’humain au centre de toute action, il incite à se poser des questions, le force à percevoir la problématique selon un autre point de vue, parfois opposé au sien, jusqu’à questionner la notion de bien et de mal mêmes. Cela commence par le héros : Eytan Morg, à la fois tueur implacable et protecteur de la vie des innocents, qui se retrouve à travailler avec ses ennemis pour le bien de ces derniers. Difficile pour les héros eux-mêmes de s’y retrouver par moments, leurs convictions personnelles sont mises à rudes épreuves, tout comme leur intégrité morale. La fin justifie-t-elle les moyens ? La question est abordée à de nombreuses reprises.
Face à l’horreur et au stress l’auteur oppose de façon bienvenue quelques pointes d’humour et des instants plus innocents qui touchent aussi bien des citoyens lambda que les tueurs de longue date, permettant ainsi au lecteur comme aux protagonistes de reprendre son souffle avant de continuer la lecture ou la lutte.

Une intrigue habilement construite servie par un style fluide où se mêlent subtilement tension et légèreté, des personnages d’une densité incontestable, des thématiques actuelles scientifiques et humaines, Le Projet Shiro est encore une belle réussite pour les Editions Critic et David S. Khara. Encore plus abouti que Le Projet Bleiberg, l’auteur évolue une nouvelle fois et offre une lecture des plus prenantes. Rendez-vous est pris avec plaisir pour Le Projet Morgenstern, troisième opus annoncé de la série.

Par dskhara.com - Publié dans : Chroniques du Projet Shiro
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Lundi 23 janvier 2012 1 23 /01 /Jan /2012 09:42

 

Retrouvez d'autres interviews d'auteurs ainsi que les chroniques de leurs livres

sur le site

http://unpolar.hautetfort.com

 

06.01.2012

Entretien avec David S. Khara

David_khara_portrait (pf).jpgAuteur des deux romans le projet Bleiberg et le projet Shiro, David S. Khara a répondu aux questions que Cassiopée lui a posées pour un polar collectif.

______________________________

Cassiopée. Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ? Dans votre nom, le S est en lien avec un membre de votre famille (source Wikipédia), était-il très important pour vous de le mettre ? Pourquoi ne pas prendre le nom en entier (comme pseudonyme par exemple ?)

David S. Khara.
Et bien, j’ai 42 ans, je me suis lancé dans l’écriture en 2010, et j’ai depuis publié trois romans. J’ai une fâcheuse tendance à me dégarnir. J’y vois un effet collatéral de l’activité plumitive quotidienne.

Mon pseudonyme est en fait un surnom qui m’a été donné lors de la sortie de La Cité de la Peur, le film des nuls, en référence au personnage incarné par Alain Chabat. Je suis au moins aussi maladroit que le personnage qu’il incarne, d’où le surnom. C’est d’ailleurs amusant puisque je travaille aujourd’hui avec Alain Berberian qui a réalisé ce film. De plus, la sonorité « Kara » se retrouve dans pratiquement toutes les cultures et à ce titre, me convient parfaitement.

David est mon vrai prénom. Le S vient du prénom de mon grand-père. Il a joué un rôle capital dans mon existence. Je souhaitais qu’il soit présent, qu’il m’accompagne dans cette aventure.. En l’emmenant lui, j’emmenais toute ma famille. Les similitudes avec des personnages portant des initiales similaires sont donc parfaitement fortuites.

Cassiopée. Vous écrivez sous le nom de Khara, un pseudonyme parce que (je vous cite) « mon nom de famille est intimement lié au trésor des Templiers et même aux Etats-Unis, certains passionnés m’ont harcelé à cause de mon patronyme. » ; est-ce pour mieux vous protéger ou un moyen pour vous d’être un autre quand vous écrivez ? Le S. serait-il Saunière comme l’abbé du même nom ?

David S. Khara. Bien tenté pour l’abbé Saunière, mais ce n’est pas mon nom. Outre cette histoire de Templier, bien réelle, et comme vous le supposez à juste raison, je souhaitais protéger ma famille, autant d’un succès possible que des critiques dont certaines confinent à l’attaque personnelle. L’idée de la création d’un alter ego pendant l’écriture est très juste. Aujourd’hui, avec le succès rencontré par les livres, et l’exposition qui en résulte, je ne regrette pas ce choix. Je sais qui je suis, d’où je viens, et prendre la grosse tête n’est définitivement pas mon truc. Sur ce point, je pense qu’avoir 42 ans en ayant pas mal bourlingué est une meilleure protection qu’un pseudonyme.

Cassiopée. Pour votre livre, la photo de couverture n’est pas la même en 10/18 et dans l’édition originale, vous a-t-on demandé votre avis ? Pourquoi ces choix ?

David S. Khara. Le choix se justifie par le fait que chaque éditeur possède ses propres codes graphiques, il était donc logique que 10-18 se dote d’une nouvelle couverture dans la mesure où celle de Critic ne collait pas avec leur charte.

Les Editions 10/18 m’ont effectivement demandé mon avis, et j’avoue avoir été séduit par l’image car elle symbolise merveilleusement Eytan.

Cassiopée. Dans votre opus, passé et présent sont liés, mêler le passé au présent est-il une façon de nous rappeler que le passé influence le présent et qu’il suffit de peu de choses pour basculer dans une « vie » ou une autre…

David S. Khara.
Il y a de cela, mais pas seulement. Certes je m’intéresse à la petite histoire au sein de la grande, mais mon propos est aussi de dénoncer l’absence d’apprentissage de l’humanité en tant qu’entité, son incapacité à tirer les erreurs du passé. Que ce soit au nom d’idéologie, par cupidité, ou par amour du pouvoir, nous avons une tendance inquiétante à recréer les conditions favorables aux conflits et à la haine de l’autre. Enstein disait en substance que la folie consistait à croire que les mêmes causes n’entraînent pas les mêmes conséquences. Je nuancerais cela en disant que l’histoire ne se répète pas à l’identique, mais bégaye. La folie prendra d’autres formes, mais elle rejaillira si nous ne cherchons pas à évoluer. Et sur ce point, nous vivons des jours que je trouve inquiétants.

Cassiopée. Ce roman est le premier tome d’une trilogie. Aviez-vous déjà l’idée de la trilogie avant d’en commencer l’écriture ? Quelles ont été les sources de votre inspiration ?
Les autres tomes pourront-ils être lus séparément ? Quels sont les individus récurrents qu’on y retrouvera, pourquoi ? Eytan semble être le personnage principal du deuxième tome, Jacky sera-t-elle celle du troisième ?

David S. Khara.
La série des Projets a immédiatement été pensée comme une trilogie bien avant le succès du premier roman. Il y a un cheminement logique au fil des tomes. Dans le premier, le vrai héros met du temps à se révéler comme tel. Le Projet Shiro pousse plus loin sa découverte. Et le Projet Morgenstern se penchera sur les jeunes années d’Eytan en parallèle d’une aventure se déroulant de nos jours.

Concernant les personnages que l’on retrouvera dans les autres tomes, je ne peux vous en dire trop. Sachez juste que Jacky et Jeremy feront leur retour dans le dernier tome, et ils seront en très grande forme. Le reste est top secret, mais devrait réserver encore quelques surprises…

Cassiopée. Vous alternez les formes d’écriture et même les styles de vocabulaire, comment vous y prenez-vous pour passer d’un genre à l’autre ? Vous mettez-vous dans la « peau » du personnage ou du narrateur extérieur (et de quelle façon) pour que le passage à l’écrit soit plus facile ou est-ce que cela s’impose à vous sans effort particulier ?

David_khara_en_pied (pf).jpgDavid S. Khara.
L’alternance des points de vue, et donc du style, sont liés directement à ma volonté de cinématographier l’action. Je déplace les points de vue comme une caméra. Ensuite, une grande partie de mon travail consiste à trouver un rythme fluide, pour une lecture qui coule sans heurts. Beaucoup confondent fluidité et facilité, alors que c’est tout le contraire.

Je n’ai aucun problème à passer d’un personnage à l’autre, à m’en imprégner et à le restituer par écrit avec le style qui correspond. Lors de l’écriture, j’ai la sensation étrange de ne plus être totalement présent. Je comparerai cela à une sorte de transe. D’ailleurs, il m’arrive de rouvrir un de mes livres quelques mois après la sortie et de me dire « j’ai écrit ça, moi ? ». Je ne sais pas s’il en est de même pour tous les auteurs, mais il y a une schizophrénie un peu inquiétante derrière. Il faudra que j’en parle à mon médecin, mais il est auteur lui aussi… (Rires).

Cassiopée. « L’humour est la politesse du désespoir »…Votre personnage, Jay, manie l’humour décalé, est-ce pour aider vos lecteurs à supporter les passages plus difficiles ?

David S. Khara.
Oui, vous avez raison, mais ce n’est pas la seule raison. Dans mes sources d’inspiration, Madame Simone Lagrange a joué un rôle très important. Lors de ses témoignages, elle parle de l’humour comme exutoire dans les camps de concentration, comme d’une accroche à la vie. Du coup, je voulais restituer un peu de ce qu’elle disait à travers Jeremy, mais aussi Eytan.

Autre point important concernant l’humour, j’écris des romans d’aventure. J’y traite de sujets terribles, mais je ne veux pas le faire au premier degré absolu. Cela a été fait par des gens bien plus talentueux et compétents. J’utilise les codes du divertissement pour présenter des réalités insoutenables. Et du coup, elles passent, les réactions des lecteurs en attestent.

Enfin, nous évoluons dans un quotidien anxiogène, et je souhaite que l’on ferme mes livres avec le sourire, et pas plus angoissé encore. Divertir est, à mes yeux, une cause noble.

Cassiopée. La musique est présente plusieurs fois dans votre livre Ecrivez-vous en musique ? Auriez-vous voulu mettre une play list ?

David S. Khara.
Je travaille effectivement en musique, et de façon très structurée. A chaque chapitre, chaque personnage, correspondent une sélection de morceaux piochés dans un spectre extrêmement large, allant du classique au rap. La musique me maintient dans une atmosphère spécifique.

Cela participe de mon immersion dans une bulle et facilite ma concentration.

Concernant la play list, je la mettrai bientôt sur mon site Internet.

Cassiopée. La semaine prochaine vous recevez un appel téléphonique, votre livre va être adapté en film. Vous devez établir le casting, qui choisissez-vous, pourquoi ? (Une partie de la musique est trouvée (voir question 9 ;-)

David S. Khara. J’aime bien votre question, car ce que vous décrivez est déjà arrivé, puisque le Projet Bleiberg est en cours d’adaptation cinématographique. Donc ce coup de téléphone a effectivement eu lieu. Au niveau du casting, je ne peux vous dévoiler que des désirs, mais pas vous révéler ce qui se déroule dans le développement actuel. Dans le rôle d’Eytan, j’aurai bien imaginé Alexander Skarsgard, vu dans True Blood, entre autre (avec le crâne rasé, évidemment). Pour Jeremy, j’aurai bien vu Jensen Ackles, de la série Supernatural.
Quant à la musique, j’aimerai que le film se clôture sur « Living on the Edge » d’Aerosmith, car c’est sur cet air qu’Eytan a pris définitivement forme.

Cassiopée. Il me semble que « Les vestiges de l’aube » est aussi le premier tome d’une trilogie, comment choisissez-vous la série que vous privilégiez pour l’écriture ? N’auriez-vous pas envie de mener plusieurs romans de front ?

David S. Khara.
Les Vestiges de l’Aube est bien le premier tome d’une autre trilogie, très différente de la série des Projets. L’état d’esprit est donc très différent, et j’ai décidé de prendre mon temps pour l’écriture des prochains tomes, aussi parce que le propos, plus introspectif, l’exige. Au début j’avais pensé alterner d’une série à l’autre, mais à bien y réfléchir, il me parait plus raisonnable de terminer les Projets avant de me plonger dans la finalisation des Vestiges. Pour autant, je ne suis pas monomaniaque, et pendant l’écriture de Bleiberg des idées me sont venues pour les Vestiges. Elles sont soigneusement notées et ressortiront au moment voulu.

Je mène déjà de nombreux projets de front, mais à un moment donné, il faut être conscient de ses propres limites et prendre son temps. Ce qui est difficile quand on est, comme c’est mon cas, un homme pressé…

Cassiopée. Quel votre rapport au public, aimez-vous le contact avec vos lecteurs, les séances de dédicace sont-elles un réel plaisir ?

David S. Khara.
Le contact avec les lecteurs est un vrai plaisir, j’y trouve la finalité de mon travail. Pouvoir échanger, récolter des impressions, et même débattre, est un enrichissement permanent, et même, une source d’inspiration. J’écris pour donner, ou essayer de donner du plaisir. C’est un postulat simplissime, et pourtant incroyablement ambitieux. Je pense en permanence aux lecteurs, tout au long de l’élaboration d’un livre. Je me pose mille questions, pour que l’ennui ne les guette pas, pour que les personnages leurs parlent. Une vraie complicité est née avec mes lecteurs, et c’est un bonheur permanent. Ma seule motivation, en fait. Sans échange, la démarche ne m’intéresse pas.

J’aime les dédicaces en petit comité car elles facilitent les discussions. Il m’est même arrivé sur plusieurs salons d’embarquer des lecteurs pour prendre un café et échanger en toute tranquillité.

Cassiopée. Quels sont vos projets actuels ?
J’ai lu que vous écriviez de « façon martiale » six heures par jour … Rassurez-moi, cela reste un plaisir ?

David S. Khara.
Soyez sans crainte, je prends beaucoup de plaisir. Et heureusement, sinon j’aurais certainement du mal à en donner. Quant au côté martial, il est obligatoire pour prévenir toute déconcentration et rester focalisé sur mes personnages et mon scénario. Je travaille quasiment sans note, ni plan, à peine deux ou trois idées sur un bout de papier. Tout se construit ensuite dans mon esprit et ressort directement à travers le clavier.

En ce qui concerne mes projets, je ne vais pas sortir de nouveautés cette année, mais je vais écrire Le Projet Morgenstern et le deuxième tome des Vestiges de l’Aube. Par ailleurs, j’ai plusieurs scénarios sur le feu pour le cinéma, ainsi qu’une adaptation en cours des Vestiges de l’Aube en BD, scénarisée par Serge le Tendre. Nous avons monté un collectif d’auteurs rennais autour du roman noir, du polar et du thriller et nous allons sortir un recueil de nouvelles en 2013. Et puis, il y a aussi l’adaptation cinéma du Projet Bleiberg, sur laquelle je suis consultant auprès du scénariste, du réalisateur et des comédiens. Un agenda déjà chargé, mais je me connais, je vais bien réussir à me trouver deux ou trois autres idées en plus…

Cassiopée. Avez-vous le souhait de partager autre chose avec nous ?

David S. Khara. Je tiens surtout à vous remercier, ainsi que vos lecteurs, de m’avoir consacré un peu de votre temps.

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